Il y a des décisions que l’on sait devoir prendre avant même de savoir comment on les traversera.
Pour Coraline Ball, tout commence avec le cancer du sein de sa mère. Une autre femme de la famille a déjà été touchée par le passé : sa grand-tante, décédée après un deuxième cancer. Les analyses génétiques révèlent une mutation qui prédispose à la maladie. Quelques années plus tard, Coraline fait à son tour le test. Elle est porteuse, elle aussi.
Sa mère est aujourd’hui en rémission. Coraline, elle, n’a pas de cancer. Mais lorsque les médecins lui parlent d’une double mastectomie préventive, sa décision se dessine très vite.
« Ils m’ont laissé quelque temps, mais je savais très bien ce que j’allais faire. »
En 2020, elle choisit de se faire opérer. Elle sait pourquoi elle le fait. Elle ne sait pas encore combien de temps il lui faudra pour se retrouver dans ce corps transformé.
La première à franchir le pas
Coraline est l’aînée de quatre filles. Elles apprendront que trois d’entre elles sont porteuses de la mutation. Lorsqu’elle s’engage dans ce parcours, elle a aussi le sentiment de précéder ses sœurs dans une expérience dont aucune ne connaît encore les contours.
« ll fallait que j’ouvre le pas. »
Elle se sent bien accompagnée sur le plan médical. Ce qui lui manque, ce sont des femmes auxquelles s’identifier. Elle cherche des photographies, des récits, quelque chose qui lui permettrait d’imaginer sa vie après l’opération. Dans ses recherches, elle trouve peu de réponses.
La décision de se protéger lui paraît évidente, mais elle ne lui dit rien de ce qu’elle éprouvera devant le miroir, de la sensibilité qu’elle perdra, du temps nécessaire pour se sentir à nouveau à l’aise. C’est cette part de l’histoire, encore difficile à trouver lorsqu’elle en avait besoin, que Coraline raconte aujourd’hui.
Ce que le corps garde de l’histoire
Pour se préparer, elle s’accroche à une idée rassurante. Plus jeune, elle avait envisagé une augmentation mammaire. L’opération était même programmée, avant qu’elle y renonce au dernier moment. Des années plus tard, face à la mastectomie, elle se dit que la reconstruction lui donnera peut-être cette poitrine qu’elle avait autrefois souhaitée.
Elle raconte ce raisonnement avec beaucoup de lucidité. Il lui fallait une perspective à laquelle se raccrocher, quelque chose qui l’aide à franchir le cap.
L’après ne ressemble pourtant pas à ce qu’elle avait essayé d’imaginer. Il y a les douleurs, les cicatrices, l’impossibilité de dormir sur le ventre. Il y a surtout une poitrine dont l’apparence et les sensations ont changé. Coraline considère sa reconstruction comme réussie et mesure la chance qu’elle a eue.
Elle parle aussi de la sensibilité presque disparue. Un détail de leur quotidien qui dit combien l’opération continue d’exister, longtemps après la cicatrisation.
« C’est dur de se voir avec une poitrine qui n’est pas la nôtre. »
Coraline ne remet pas en cause sa décision. Elle lui rend toute sa complexité : avoir voulu l’opération n’épargne pas la difficulté d’en vivre les conséquences.
Renouer avec soi
Au début, elle met du temps à regarder. Le résultat évolue, le corps fait mal, les repères habituels ont disparu. Elle est célibataire à cette période et y voit, rétrospectivement, la possibilité de se consacrer à elle-même, sans avoir à composer avec le regard d’un partenaire.
Elle essaie assez vite de remettre de la lingerie. Pour se rassurer, pour retrouver le plaisir de se sentir féminine, pour pouvoir se dire que ce qu’elle voit est joli. Ces gestes lui permettent de renouer doucement avec un corps qu’elle connaît autrement.
« J’ai mis longtemps à me trouver féminine, à être à l’aise avec mon corps. »
Elle ne cherche pas à embellir ce temps-là. La reconstruction chirurgicale et le fait de se reconnaître ne suivent pas le même calendrier. Dans son récit, il y a de la place pour la gratitude envers les soignants, pour le soulagement d’avoir agi, mais aussi pour ce qui manque encore.
Lorsqu’elle conseille les femmes qui s’apprêtent à vivre une mastectomie, c’est d’ailleurs à cette dimension qu’elle revient. Se reposer, s’écouter, accepter d’être accompagnée. Et parler de ce qui reste en soi, même lorsque l’opération est derrière.
Une histoire de femmes et de famille
Sa mère est venue auprès d’elle après l’opération. Coraline se souvient des cinq premiers jours, particulièrement difficiles, et du soutien qu’elle lui a apporté. Mais sa mère traverse elle aussi cette histoire avec une douleur propre : la culpabilité d’avoir transmis la mutation à ses filles.
À mesure que la famille s’agrandit, avec les petites-filles, cette inquiétude se prolonge. Coraline connaît à son tour la violence que peut prendre cette question.
Au sein de sa famille, pourtant, elle trouve un espace où ces questions peuvent être partagées.
Elles partagent un risque, sans vivre le même parcours. L’une de ses sœurs a attendu d’avoir eu et allaité ses deux enfants avant de se faire opérer.
Coraline a choisi la mastectomie avant de devenir mère. En 2023, elle donne naissance à Esmé. Aujourd’hui, Coraline rêve d’un deuxième enfant. Ces deux dernières années, elle a vécu la douleur de perdre deux bébés pendant ses grossesses. Une intervention préventive concernant les ovaires est également envisagée. Ces perspectives se rencontrent dans sa vie, avec tout ce qu’elles engagent de désir, de peur et d’incertitude. Son histoire continue à s’écrire et toutes les décisions ne sont pas derrière elle.
Les mots qui nous relient
Lorsque Coraline commence à partager son expérience, les échanges avec sa communauté lui font un bien qu’elle n’avait pas anticipé. Elle reçoit du soutien, trouve des interlocutrices, se sent encouragée. Elle qui manquait de témoignages découvre ce que le fait de raconter peut apporter à celle qui prend la parole.
« Elles m’ont poussée, elles m’ont portée un peu. »
Elle parle même d’une forme de thérapie personnelle. Pouvoir dire ce qu’elle traverse l’aide à avancer.
Puis, lors d’un événement consacré à Octobre rose, quatre femmes viennent la remercier en l’espace de quelques minutes. Elle avait l’habitude de lire leurs messages derrière un écran. Les voir devant elle la bouleverse.
Elle mesure alors combien son histoire rejoint celles de femmes concernées par la maladie, la prédisposition génétique ou les choix de prévention. Son expérience leur offre des repères ; leurs réponses lui ont donné du soutien. La parole circule dans les deux sens.
À la fin de l’entretien, Coraline insiste sur l’importance de consulter, de parler de ses inquiétudes et de ses antécédents familiaux avec un professionnel de santé. Elle raconte aussi la peur qui demeure et son besoin d’un suivi, même après l’opération. Elle ne prétend pas que la prévention l’a débarrassée de toute inquiétude.
Mais aux femmes qui entrent dans ce parcours, son premier conseil reste celui-ci :
« Il faut vraiment s’écouter, se reposer, penser à soi, mais être entourée. Il ne faut pas rester seule. »
Coraline savait qu’elle voulait se faire opérer. Pour traverser l’après, elle a eu besoin de sa mère, de ses sœurs, et de toutes ces femmes avec lesquelles elle a pu parler. C’est peut-être ce qu’elle transmet de plus précieux aujourd’hui : une expérience suffisamment sincère pour que d’autres puissent y reconnaître leurs propres questions, y compris celles qu’elles n’osaient pas encore poser.
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FAQ
Dois-je changer mon hygiène de vie en consommant une cure de collagène ?
Nos compléments alimentaires doivent compléter une routine équilibrée autour d’une alimentation saine.
Plus vous soignez votre hygiène de vie par le biais d'une assiette équilibrée, d'une activité sportive régulière, d'une routine de soins adaptée..., plus les compléments au collagène seront efficaces.
Peut-on associer la prise d'une cure de collagène avec une cure d'Oméga 3, ou une cure d'1,2,3 Soleil ?
Il n'y aucun problème à associer la prise d'une cure de collagène et d'une cure 1,2,3 Soleil, ou d'une cure de collagène et une cure d'Oméga 3. Vous pouvez même combiner les 3 cures en même temps !
Ces produits ont des actions distinctes qui ne sont pas directement liées, et ils peuvent offrir des bienfaits supplémentaires lorsqu'ils sont pris ensemble. Leur point commun est qu' ils agissent sur le vieillissement prématuré de la peau.
Quels sont les bienfaits du collagène ?
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Lorsque l'on applique du collagène directement sur la peau, son action va se cantonner à sa surface, car son poids moléculaire est trop élevé pour pouvoir être absorbé directement au niveau cutané.
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